Cimetière des fondateurs Imprimer

Prix du patrimoine 2014

Les premiers bâtisseurs de Tracadie peuvent enfin reposer en paix.

 

 

Avant de vous présenter le Cimetière des fondateurs d’aujourd’hui, revoyons brièvement les faits qui ont conduit à l’aménagement et à l’embellissement d’un site qui fera la fierté de tous les habitants du Grand Tracadie-Sheila.

( Diapositive 2 ) Durant les 16e et 17e siècles, les Indiens Micmacs, qui demeuraient au sud de la province du Nouveau-Brunswick, faisaient le voyage l’été en canot d’écorce en suivant la côte du golfe Saint-Laurent pour se rendre à leur chef-lieu situé sur l’Ile de Miscou. Ils s’arrêtaient entre l’embouchure des deux rivières Grand Tracadie et Petit Tracadie pour camper et se reposer. Des groupes y demeuraient quelques semaines, tandis que d’autresy séjournaient tout l’été sur le bord du rivage de la baie de Tracadie parce qu’on y trouvait une bonne source d’eau, des poissons et des gibiers en abondance.

Avant 1785, outre les Micmacs, il y avait des colons qui fréquentaient la région de Tracadie. En effet, dès 1783, François- René Robert dit LeBreton, avec ses fils, fréquentait régulièrement la région de Tracadie et s’adonnait à la chasse et à la pêche. Il est raconté qu’après que François LeBreton se fut vanté des belles prises de poissons et de gibiers à un groupe d’Acadiens rapatriés dans la région de Memramcook, certains décidèrent d’aller explorer la région des rivières de Tracadie.  

( Diapositive 3 ) En 1785, deux Acadiens, Michel Bastarache dit Basque et Joseph Saulnier vinrent de Memramcook avec leurs familles pour s’établir à Tracadie. Ils construisirent leurs maisons sur le bord du rivage près d’une source d’eau. D’autres familles se joignirent à nos deux pionniers, entre autres, celle de François LeBreton. En l’an 1790, il y avait déjà dix familles résidant à Tracadie.

Avant que la première église, une petite chapelle en bois rond, soit construite vers les années 1800, les premières familles célébraient la messe avec les missionnaires de passage dans la maison de Michel Basque et enterraient déjà leurs morts dans le Cimetière de la côte, puisqu’il est rapporté que l’église fut bâtie deux cents verges à l’ouest du dit cimetière, ce qui confirma la préséance de ce dernier sur l’église. Toutefois, aucun registre n’existait pour attester du nom des défunts.

En plus d’enterrer les membres des premières familles, on y retrouvait aussi des Autochtones, parce qu’il est raconté qu’un jour lorsque ceux-ci devaient laisser leur campement sur le rivage de Tracadie, un des leurs mourut, et, avant de partir, la permission leur fut accordée de l’enterrer dans le Cimetière de la côte.

Comme les registres paroissiaux ne datent que de 1798 avec la signature de Messire Louis Desjardins, missionnaire de la Baie des Chaleurs, la première sépulture inscrite est celle de François LeBreton, mort en octobre 1799 et enterré dans le Cimetière de la Pointe-de-Pré le 3 février 1800.

( Diapositive 4 ) Vers 1822, une église en bois sera érigée plus au nord, voisine du cimetière qui se trouvait près de la rivière. Une clôture de perches entourait le terrain.

Rappelons brièvement que le Cimetière de la côte logeait tout près de la mer et on racontait que pendant la saison des hautes marées, l’eau s’infiltrait dans les tombes. Les fossoyeurs étaient obligés de prendre des seaux attachés à des bouts de câbles pour retirer l’eau avant de déposer le cercueil. Et, comme ils ne pouvaient jamais retirer toute l’eau, ils déposaient des cailloux sur le cercueil qui, grâce à la pesanteur, parvenait à glisser au fond de la tombe.

Entre 1798-1880, environ 783 personnes furent enterrées dans ce site, le Cimetière de laPointe-de-Pré. Parmi ces sépultures, il y aurait 94 personnes identifiées comme ayant été atteintes de la lèpre.

Dans les années 1870, dans un emplacement correspondant au nouveau centre de Tracadie sur la rue Principale, une première église de pierre fut construite avec un cimetière à sa droite. Alors, l’église en bois et le Cimetière de la Pointe-de-Pré furent négligés. Le dernier à y être enterré fut Joseph Doiron, époux de Victoire LeBlanc, décédé le 2 mai 1880 à l’âge de 65 ans.

Il convient aussi de préciser que le Cimetière de la Pointe-de-Pré situé près de la mer subissait chaque année les assauts répétés des grosses tempêtes du nord-est, si bien que, avec les années, la mer rongeait la côte du rivage jusqu’à déterrer les ossements de nos ancêtres. Alors, l’abbé Joseph-Marie Levasseur, curé à Tracadie de 1903-1937, s’en occupa, en faisant construire un renfort en béton pour protéger la façade du cimetière contre la mer. Rien ne peut résister à la furie de la mer. Après seulement une cinquantaine d’années, ce renfort de béton s’est effondré à cause des intempéries.

En 1979, le curé Rioux encouragea ses paroissiens de se former un comité pour restaurer encore une fois le cimetière.

( Diapositive 5 ) Entre autres, le muret de béton fut solidifié,

( Diapositive 6 )  les pierres tombales des trois familles fondatrices Basque, Saulnier et LeBreton furent placées sur une base en béton et

( Diapositive 7 ) une croix en bois fut dressée au centre du cimetière avec une plaque sur laquelle il est écrit « Hommages aux fondateurs de Tracadie qui reposent dans ce cimetière de 1798 à 1880 ». Dès lors, le Cimetière de la Pointe-de-Pré devenait le Cimetière des fondateurs.

En août 1984, profitant des célébrations entourant le 200ième du Nouveau-Brunswick, les membres des familles Saulnier-Sonier organisèrent des retrouvailles.

( Diapositive 8 ) Une cérémonie pour honorer leur premier ancêtre de Tracadie, Joseph Saulnier, s’est déroulée au Cimetière des fondateurs. Edward Sonier, le doyen des Saulnier-Sonier, accompagné d’Alonzo D. Sonier et de Sr Cécile Sonier, déposa une couronne au pied de la croix.

( Diapositive 9 ) Le cimetière a, par la suite, été laissé à son sort pendant près de dix ans.

( Diapositive 10 ) Vers 1990, après avoir constaté l’état délabré du cimetière, Claude Brideau avec une équipe de bénévoles nettoyèrent le terrain et refirent la clôture qui ne comptait plus que deux rangées de perches.

( Diapositive 11 ) La plaque, auparavant debout au pied de la croix, était maintenant couchée sur le sol.

( Diapositive 12 ) Par la suite, un monument fut érigé par la Fondation Losier en 1992 énumérant les 41 personnes de cette famille enterrées dans ce cimetière.

( Diapositive 13 ) Pendant de nombreuses années, la regrettée Bernadette Losier Basque entretenait le monument en plaçant des fleurs à chaque printemps au pied de la croix, près du monument des Losier et des pierres tombales restantes.

À l’été 2003, Claude Brideau apprenait que la croix au centre du cimetière était pourrie et tombée sur le côté. Il décida de construire une autre croix avec support pivotant et de la placer dans une base en béton.

( Diapositive 14 ) Lors d’une belle journée du mois d’août 2003, Claude et une équipe de bénévoles remplaçaient la croix du Cimetière des fondateurs.

En 2009, lors du Congrès mondial acadien, des panneaux furent préparés pour identifier les différents sites historiques de la grande ville de Tracadie- Sheila.

( Diapositive 15 ) Un panneau fut placé devant la croix du Cimetière des fondateurs afin d’indiquer le site de la première église et du premier cimetière de Tracadie.

( Diapositive 16 ) À la faveur de cet événement, La Famille Basque aménagea un monument commémoratif pour la tombe de Michel Basque.

( Diapositive 17 ) Ensuite, en 2010, la Famille Saulnier installa aussi un monument commun pour Félicité Bastarache et Joseph Saulnier.

Par la suite, des demandes de projet historique pour améliorer le Cimetière ont été faites auprès des conseillers de la ville de Tracadie-Sheila. Mais, il fallait attendre 2012, après une discussion avec son oncle, le Père Zoël Saulnier, pour que Paula Sonier décide de rencontrer les conseillers municipaux dans l’intention de faire germer l’idée de restauration du Cimetière des fondateurs.

( Diapositive 18 ) Aldéoda Losier, maire de la ville de Tracadie-Sheila, appuyé de ses conseillers, a tout de suite saisi la grande valeur historique d’un tel projet pour la ville et en a fait une affaire personnelle.

( Diapositive 19 ) La ville a investi environ 15 000$ dans le projet, mais près de 130 000$ ont étéamassés auprès des entreprises de la région.

( Diapositive 20 ) Le samedi 7 septembre 2013, on procéda à l’inauguration officielle avec le dévoilement des améliorations faites au Cimetière des fondateurs. Quand les travaux avaient débuté, seulement huit tombes étaient identifiées.

( Diapositive 21 ) Maintenant sur des plaques à l’entrée du Cimetière des fondateurs, les noms des défunts sont inscrits permettant aux visiteurs de retrouver leur lignée d’ancêtres.

( Diapositive 22 ) Les Religieuses hospitalières ont grandement contribué à la recherche de tous les noms des individus enterrés sur ce lieu historique.

( Diapositive 23 ) Quelque 800 croix blanches en cèdre, fabriquées par Lucien Brideau et son équipe,

( Diapositive 24 ) sont installées dans quatre blocs carrés en ligne droite, et, au centre du terrain, on y retrouve la croix et un aménagement de monuments commémoratifs.

( Diapositive 25 ) Aujourd’hui, tous s’accordent pour dire, avec fierté et reconnaissance, merci pour cette belle réalisation du projet de restauration du premier cimetière de la grande communauté de Tracadie,

( Diapositive 26 ) le Cimetière des fondateurs de la Pointe-de-Pré.

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Le Comité d’animation culturelle du Patrimoine témoigne toute sa reconnaissance au Conseil municipal de la ville de Tracadie-Sheila pour son engagement dans la sauvegarde et le rayonnement de notre patrimoine en lui remettant le Prix du Patrimoine 2014.

 

Texte et recherche: Paulette Robichaud

Lecture: Jacques Ranger et Lucille Landry

Présentation visuelle: Cyrille McGraw

 

 
 
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