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Dans chaque quartier qui forme maintenant la municipalité de Tracadie, on conserve tous des souvenirs de ces personnalités originales qui ont peuplé notre ville.  En voici quatre qui méritent qu'on se souvienne d'eux.   

Celle dont on entend le plus souvent parler est Marie LeBreton, dite « Betsy à Polite » qui habitait au Canton-des-Basque, près de l’intersection du chemin Saulnier-Ouest et de la rue Xavier.  On disait qu'elle était « à Polite » car elle avait épousé en secondes noces Hippolyte Landry.  On m'a souligné à de nombreuses reprises qu'elle pouvait lire l'avenir dans les cartes.  Elle portait plusieurs bijoux et se maquillait, parfois un peu trop.    Malgré ses excès et sa personnalité hors du commun, Betsy demeurait une personne sans malice.  Comme plusieurs disent, « c’était du très bon monde ».  Plusieurs personnes lui rendaient visite par curiosité afin de rencontrer ce personnage du Canton-des-Basque.

Une autre personnalité était Jos Chiasson qui était magicien, chercheur de trésors, chasseur d'esprit et qui se faisait surnommé « l'honorable Chiasson » !  On allait en grand nombre le visiter le soir pour « le voir acter ».  Pour chercher des trésors, il possédait un arsenal de bagues, de médailles et de macarons.  Sa naïveté le rendait victime de joueurs de tour, surtout pour chercher des trésors à Val-Comeau ou à la Pointe-à-Bouleaux.    

À Sheila, on se rappelle bien de Sarah Girouard qui habitait sur le boulevard Louis-G. Daigle, non loin du chemin Foster.  En politique, elle était conservatrice et lors d’une activité entourant le Manoir Bellefeuille de Sheila, elle ne s’était pas priée pour aller saluer le Premier Ministre Hatfield !  Elle était assise souvent dans le même banc à l’église, parfois vêtue de bleu, avec son chapeau!  Moi-même je me souviens bien d'elle lors de la messe du 50e de la paroisse de Sheila, enregistrée et diffusée par Radio-Canada, elle qui était dans le premier banc, vêtue d'un complet très bleu, avec un chapeau qui aurait plu à la reine !  

À Saint-Pons, Charles Comeau était un habitant connu comme étant bootlegger, cachant ses bouteilles dans une petite remise située à l’arrière de sa maison.  Charles habitait près de l'actuel Centre des loisirs de Saint-Pons et pour l’époque, c'était relativement loin de Tracadie, donc plusieurs personnes se rendaient chez lui pour se procurer de l’alcool.  Charles pouvait aussi abattre les cochons pour les fermiers qui n’avaient pas les habilités de le faire.  Il jouait également du violon, tout comme son fils Onézime surnommé « Cabine ».  De plus, il était un des premiers à avoir un appareil-photo dans la région.  Il prenait des photographies de mariage et de toutes autres activités.  Il a même circulé une rumeur comme quoi il aurait photographié des femmes nues et ce, dans les années 1940-1950!  Devenu âgé et veuf depuis quelques années, il est allé vivre ses derniers jours chez son fils Luc Comeau. 

 
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