L’Académie Sainte-Famille : un siècle au service de la région de Tracadie-Sheila et de l’Acadie Imprimer

Par: Maurice Basque

Photo de l'Académie Ste-FamilleÉdifice majeur du patrimoine architectural de Tracadie-Sheila, l’Académie Sainte-Famille célèbrera en 2012 un siècle d’enseignement et de contributions monumentales à la région comme à l’Acadie toute entière puisqu’elle a accueilli entre ses murs des générations de filles et de garçons qui y ont reçu une formation de grande qualité offerte par les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Dès leur arrivée à Tracadie en 1868, ces religieuses, en plus de la gestion du Lazaret, souhaitent également s’occuper de l’éducation des jeunes. Mission pas toujours facile pour ces femmes catholiques à l’époque où le gouvernement provincial vote la loi sur les écoles non-confessionnelles qui provoquera l’affaire Louis Mailloux à Caraquet. Des anglo-protestants influents de Tracadie forceront même les Hospitalières à fermer leur école dans les années 1880…

Encouragées par l’évêque Thomas Barry de Chatham et par des dons de nombreux bienfaiteurs, les Hospitalières de Saint-Joseph entreprennent en 1910 de construire l’Académie Sainte-Famille qui prendra la forme d’une croix grecque et qui aura quatre étages. Deux Hospitalières, Sœur Marie-Anne Doucet et Sœur Isabelle Sormany, seront à l’origine du plan architectural qui sera finalisé par l’architecte Nazaire Dugas de Caraquet. Le journal l’Évangéline du 30 novembre 1910 traite de l’avancement des travaux et nous informe que ces derniers étaient placés sous la direction de Sylvain Arsenault de Tracadie. En septembre 1912, l’Académie Sainte-Famille accueillait ses premiers 200 élèves qui se divisaient à l’époque entre pensionnaires et externes. La directrice était Sœur Sormany qui passera à l’histoire sous le nom de Mère La Dauversière. Fille d’Henri Sormany et de Virginie Haché de Lamèque, Isabelle Sormany fut une femme remarquable et une administratrice hors pair; les débuts prometteurs de l’Académie lui sont en bonne partie redevables.

Institution privée, l’Académie va offrir le programme officiel des écoles du Nouveau-Brunswick et offrira également un cours commercial bilingue et des cours sur l’enseignement ménager. Elle sera un haut lieu de la culture dans le nord-est du Nouveau-Brunswick avec ses spectacles et ses cours de musique et de chant. Les réformes scolaires du gouvernement Robichaud des années 1960 vont transformer la vocation de l’Académie Sainte-Famille qui fermera son pensionnat en 1967. La même année, le gouvernement provincial louera des locaux dans l’Académie pour offrir des cours de la première à la neuvième année. En 1976, l’Académie Sainte-Famille met officiellement fin à sa vocation d’enseignement.

Photo de l'Académie Ste-FamilleAvec le départ des élèves, l’Académie Sainte-Famille va connaître des moments très difficiles où il est question plusieurs fois de la démolir. À chaque fois, les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph et des bénévoles déterminés vont réussir à sauver ce monument qui a tellement contribué à la personnalité de Tracadie-Sheila. En effet, comment imaginer le centre-ville sans l’Académie? En plus d’accueillir aujourd’hui de nombreux bureaux, l’Académie Sainte-Famille abrite le Musée Historique de Tracadie, le rendez-vous incontournable de celles et ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur l’histoire de cette vénérable institution qu’est l’Académie Sainte-Famille.

Pour en savoir plus :

  • Bernard, Antoine, Les Hospitalières de Saint-Joseph et leur œuvre en Acadie, Vallée-Lourdes (N.-B.), 1958.
  • Site web du Musée Historique de Tracadie : www.musee-tracadie.com