La première école de Tracadie-Sheila Imprimer

Par : Maurice Basque

C'est déjà la rentrée après un été exceptionnel de beau temps et de célébrations dans le cadre des fêtes du 225e de Tracadie-Sheila. Et comme la rentrée est synonyme pour plusieurs de retour à l'école, au collège ou à l'université ou des premiers pas dans ces lieux, il sera question dans cette dernière chronique du 225e de la première école de la région de Tracadie-Sheila. La semaine dernière, la chronique consacrée à l'abbé François-Xavier Lafrance, premier curé de Tracadie de 1842 à 1852, le présenta comme étant à l'origine de la première école de la région. Avant la venue de l'abbé La France, des maîtres ambulants firent la classe à Tracadie. C'était la formule de l'époque où des hommes avec un peu de savoir passaient de village en village et dispensaient un enseignement de base, habituellement rémunéré par les habitants avec une contribution occasionnelle du clergé. François Gautreau de Tracadie fut l'un de ces premiers maîtres ambulants de la région au début du 19e siècle. Puis vint Peter Joseph Dollar, originaire de la ville de Québec, qui, après la faillite de son commerce, décida de s'établir à Tracadie en 1829. Il ouvrit une école et enseigna probablement de deux à trois ans à environ 45 élèves avant de quitter la région. Ce fut réellement la première école de Tracadie-Sheila, même si son existence fut de très courte durée. Celle de l'abbé Lafrance fut donc la première école permanente.

Grâce à une requête qu'il envoya au gouvernement provincial de Fredericton en 1831 demandant une rémunération pour son enseignement à Tracadie, nous savons que Peter (peut-être Pierre) Dollar avait une épouse et six enfants. Était-il un Canadien-français ou un Irlandais, comme William Dollard, premier évêque catholique du Nouveau-Brunswick de 1842 à 1851? Quoi qu'il en soit, le député de Gloucester d'alors, l'irlandais William End, l'appuya dans sa demande et Dollar obtint en 1832 la somme de 15 livres sterling pour son travail de maître d'école. Selon le député End, c'était la première fois au Nouveau-Brunswick qu'un catholique romain obtenait une rémunération provinciale en tant qu'instituteur dans une école paroissiale. Les syndics scolaires du temps, comme ailleurs dans les régions acadiennes de la province, étaient habituellement des anglo-protestants et Tracadie ne fit pas exception avec ses Robert Young, James Young et Robert Robinson dans les années 1830 qui agirent en temps que syndics.

D'autres instituteurs prendront la relève de Peter Joseph Dollar. C'est le cas de François-Xavier Brideau, probablement le premier instituteur francophone natif de Tracadie à recevoir son permis d'enseignement du gouvernement de la province en 1840. Il enseigna avant et pendant le séjour de l'abbé Lafrance dans le village. Un rapport d'inspecteur scolaire nous apprend que 20 garçons et 15 filles étaient dans son école qui mesurait 20 pieds de large par 20 pieds de long.

Bonne rentrée et continuons de fêter le 225e de Tracadie-Sheila!

Pour en savoir plus :

Allen Doiron, «Brideau,François-Xavier», Dictionnaire biographique du nord-est du Nouveau-Brunswick, 1984. Donat Robichaud, «Dollar,Peter(Pierre)»,Dictionnaire biographique du nord-est du Nouveau-Brunswick, troisième cahier, 1985.

Image:

Pétition de Peter Joseph Dollar, maître d'école de Tracadie, dans le comté de Gloucester, sollicitant une rémunération pour son travail d'enseignant.

 
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